Dans sa séance du 19 décembre 2006, le Conseil municipal a décidé la prescription d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU) ; une nouvelle délibération annulant celle-ci, devait à nouveau être prise lors du Conseil municipal du 12 juillet 2007, pour cause de mise en conformité administrative…7 mois après.
Dès la première séance du Conseil traitant de cette question, je me suis abstenu en précisant qu’un PLU était un acte majeur, nécessaire à la commune, qui engage sa vie pour les 10 à 20 ans à venir, mais, que pour l’élaborer, il fallait en moyenne deux ans et qu’il n’était pas très sérieux d’engager une telle procédure, qui a besoin de stabilité et de sérénité, à la fin d’un mandat. A moins que l’objectif visé soit ailleurs….faire quelques promesses électorales à moindre frais et sans garanties, par exemple.
Il me semble important, pour souligner l’importance de cet acte de rappeler que depuis l’an 2000 et la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) le PLU remplace le bon vieux POS. A la différence de son prédécesseur, le PLU recherchera un équilibre à la fois social, économique et territorial à travers une pièce maîtresse : le PADD (projet d’aménagement et de développement durable) qui définit les grandes orientations en matière d’habitat, d’emploi, d’équipements, de transports et d’environnement.
Parmi les priorités du PLU figurent : la lutte contre l’étalement urbain, l’augmentation de l’offre de logements familiaux et sociaux et l’intégration des impératifs écologiques. Vaste programme, qui ne peut porter ses fruits qu’à l’issue d’une large concertation avec la population pour s’efforcer de marier intérêt général et intérêts particuliers, en impliquant les acteurs sociaux et en laissant libre cours à toutes les imaginations.
Que souhaitons nous faire de Breil dans dix, vingt ans ? Quelle commune laisserons-nous à nos enfants ? Telles sont les questions qui nous sont posées.
De ce point de vue, la façon dont l’actuelle municipalité engage le processus, n’est pas rassurante du tout.
En tout premier lieu, il faut savoir que si le PLU est une orientation précise au niveau local, il est soumis à des principes de subsidiarité, de compatibilité et de cohérence avec le SCOT (schéma de cohérence territoriale) de la Riviera française et de la Roya, qui est une orientation générale de l’est du département en cours d’élaboration. Des élus de Breil participent à ces travaux….quelles orientations défendent-ils ? quelles décisions vont-ils entériner ? seront-elles compatibles avec l’avenir que l’on souhaite donner à la commune ?….nul ne le sait… ni la population, ni une grande partie du conseil municipal (encore plus grave).
En second lieu, j’ai eu la surprise de constater que les
objectifs communaux du PLU :
« …2 grands objectifs :
1 – le maintien des activités et le
développement d’activités nouvelles.
2- la prise en compte du patrimoine local urbain et paysager comme
une valeur forte identitaire capable de promouvoir la
qualité de vie des habitants.
….etc. »
Sont exactement les mêmes que
ceux du POS…copié/collé intégral. Ce
qui me laisse à penser que l’action municipale des
vingt prochaines années sera la même que celle des
vingt années écoulées. On savait que les
projets, la prévision et l’imagination
n’étaient pas au pouvoir à la mairie, mais
à ce point !
Michel MASSEGLIA
Conseiller Municipal d’opposition
