L’eau et sa gestion sont devenues des problèmes tellement importants pour notre commune comme pour beaucoup d’autres, qu’il me paraît nécessaire, avant de proposer quelques solutions, d’analyser la situation actuelle et d’en rappeler son historique.
L’alimentation en eau :
1- Pour Breil village et ses environs :
La principale source est celle de la Maglia : elle débite
environ 200 m³/heure, soit 4800 m³/jour, ce qui
correspond aux besoins d’une ville de plus de 10 000
habitants. Cette production est à relativiser et
à vérifier en période de sécheresse,
comme actuellement. Cependant, la pénurie éventuelle
ne peut justifier des captages sauvages en plein vallon comme cela
s’est fait cet été, avec tous les risques que
cela comporte pour la santé publique, surtout lorsque les
usagers n’en sont pas avertis.
Un peu d’histoire : la conduite amenant cette eau à Breil appartient à L’Association Syndicale Autorisée du canal de Granile. La Commune verse une redevance pour cette eau dont une partie est utilisée par les arrosants, d’où une situation juridique complexe.
Une partie des abonnés ( Maglia, Granile) sont
branchés directement sur cette conduite.
Celle-ci se sépare ensuite en 4 branches :
· Le bassin de Burdanche (600 m³) qui alimente le
village de Breil.
· Le bassin de Granile (200 m³) qui alimente une
partie de la Giandola et le hameau de l’Olivaie par une
conduite Ø63 mm qui s’avère insuffisante.
· Une conduite vétuste de Ø 60 mm qui
alimente le haut de la Giandola et le quartier Nougaret, sans
réservoir. Des problèmes sont à prévoir
avec le projet de lotissement (6 villas).
· Et enfin la surverse qui alimente le canal
d’irrigation.
La source de la Ciavandola débite environ 36 m³/heure, soit 864 m³/jour et elle alimente les habitations de sa rive droite. Cette source pose parfois des problèmes de potabilité.
Des canaux gérés par des associations irriguent de
nombreuses campagnes des environs de Breil et constituent un atout
important.
Des captages sur la Roya pourraient encore limiter la consommation
d’eau potable pour l’irrigation.
2°) Hameau de Piene-Haute :
C’est la source du Mangiabo qui alimentait le fort du Mont Gros. Ancienne conduite militaire jusqu’au col de Brouis, une conduite neuve enterrée dans la piste alimente le hameau. La quantité est suffisante, mais la potabilité est quelque peu douteuse. Le traitement aux ultra-violets devrait régler ce problème.
3°) Hameau de Libre :
Les sources se tarissent et se déplacent. Avec un débit moyen de 30 à 40 m³/jour, la quantité est nettement insuffisante en période d’été et le rationnement devient systématique avec des coupures d’eau la nuit et même le jour. L’eau d’irrigation captée dans le vallon est régulièrement envoyée dans les bassins d’eau potable pour tenter de palier à la pénurie avec tous les risques que cela comporte.
4°) Hameau de Piene-Basse :
Il est alimenté depuis Breil par une conduite qui suit la route.
Le réseau d’assainissement :
La station d’épuration, construite et entretenue
par Véolia (ex Compagnie Générale des Eaux),
est d’un haut niveau technologique mais elle ne peut
fonctionner parfaitement qu’avec un débit
d’entrée de l’ordre de 50 m 3 /heure. En raison
de l’excès d’eau claire qui y
pénètre (infiltrations de l’eau du lac,
excès de consommation d’eau potable, eaux pluviales
non séparées, …), le fonctionnement de
l’usine de traitement des eaux est perturbé.
Le réseau des eaux usées est extrêmement
vétuste (Ciappera, rue de Turin, …) et de nombreuses
eaux pluviales s’y mélangent. Seules 2 antennes sont
en bon état : celle de l’Hôpital et celle du
camping.
La conduite provenant de la Giandola, endommagée par le
dépôt de déblais du tunnel de Saorge, puis
accrochée sur du gypse rongé par la Roya, constitue
une menace permanente de pollution pour la rivière.
Les objectifs et des moyens :
Le principal objectif est de conserver la maîtrise de l’eau, depuis sa source jusqu’à sa distribution, afin d’éviter sa privatisation.
Cela implique de constituer une véritable régie de l’eau avec du personnel suffisant et compétent, ayant un fonctionnement autonome. Il faut améliorer la gestion du personnel : il ne sera pas difficile dans ce domaine de faire mieux, puisque le service actuel a été plusieurs fois déstructuré.
Conserver la maîtrise de l’eau, implique de
résoudre les principaux problèmes avant
d’être complètement dépassés par
les retards et les insuffisances. Laisser les problèmes
s’accumuler risque de conduire la municipalité
à tout céder à des sociétés
privées. Soyons vigilants car celles-ci ont
déjà un bon pied dans la place grâce à
l’usine de traitement et d’assainissement
qu’elles ont installée et qu’elles
gèrent.
D’importants travaux devront être envisagés tant
sur le réseau d’eau que sur celui de
l’assainissement.
Pour garantir une eau de qualité à un coût normal il faut donc :
* Faire appel à la responsabilité et à la
citoyenneté pour éviter les gaspillages. On ne manque
pas d’eau à Breil, sauf accident.
* Revoir les rôles de l’eau pour que chacun paie sa
part.
* Améliorer le réseau pour que le plus grand nombre
d’habitations puisse être correctement
alimenté.
* Créer un nouveau bassin (pour la Maglia on ne consomme que
11 % de sa production soit environ :
200 000 m3 sur un débit de 1 900 000 m3) pour stocker de
l’eau qui manque en été, ce qui permettra
d’éviter des branchements sauvages en plein vallon,
comme pour cet été 2007.
* Résoudre le problème du manque d’eau
récurent à Libre en envisageant le captage de
nouvelles sources, ou bien des forages, ou encore une conduite
venant de Breil.
Sylvain Gogois


