Breil sur Roya, village situé en arrière pays
côtier, ses collines riches en verdure, ensoleillées,
à 40 minutes des grandes villes côtières
française et 25 minutes des grandes villes d’Italie,
avec ses avantages de mélange de cultures ajoutées
à sa situation géographique en font un endroit
idéal pour les résidences secondaires.
Les maisons de pierre avec terrain et parfois oliviers
étaient encore, il y a 5 ans, pas trop chères par
rapport aux prix pratiqués sur la côte. Ces prix ont
flambé pour s’aligner tout doucement au prix
pratiqués sur la Côte d’Azur. Pas de
problème pour ceux qui viennent passer les week-end et les
vacances, pas de problèmes pour les familles nombreuses qui
viennent habiter à l’année, car de toute
façon il n’y a plus de place pour elles dans les
appartements trop exigus et trop chers de la ville. Tant que les
enfants sont jeunes les parents font l’effort de faire le
trajet (plus tard, une fois les enfants grands,
l’organisation se fait plus compliquée).
Conséquences, les agriculteurs et éleveurs qui
veulent s’installer aujourd’hui ne trouvent plus de
terrains adaptés à leurs besoins, puisqu’ils
sont vendus ( exemple : grand terrain et grand bâti vendus
pour abriter un cheval ou deux ».
Aujourd’hui les prix sont devenus inaccessibles pour une
installation, car en plus du terrain et de la maison, un
agriculteur doit investir dans le matériel ou le troupeau.
Les réglementations imposées obligent des
investissements lourds, les autorisations préfectorales sont
compliquées et interminables à obtenir, les
prêts bancaires pour les installations sont inaccessibles,
même en passant par les organismes bancaires dit «
agricoles ». Tous ces problèmes tuent l’envie
dans l’œuf.
Notre commune devrait aider à l’installation les nouveaux agriculteurs par des facilités d’accès aux propriétés agricoles (exemple : en mettant à disposition des listes de terrains agricoles en vente ou en prêt à la mairie), repenser les règles d’urbanisme qui sont trop lourdes, favoriser l’installation sur nos marchés des produits de fabrication locale ( où sont nos produits sur nos marchés ? nous n’en voyons que quelque uns, une fois par an, lors de notre petite fête agricole).
Les richesses de nos campagnes se cachent, alors que les
citadins les cherchent désespérément lors de
leurs balades rurales. Nous n’avons même pas une maison
de pays pour présenter nos productions locales. Le tourisme
et l’agriculture sont souvent liés.
Les oliveraies qui se transmettent de père en fils demandent
un travail d’entretien conséquent. Et si les enfants
ne vivent plus à la campagne vers qui et où vont-ils
pouvoir s’informer pour faire entretenir leurs oliviers, ou
demander de l’aide pour sauvegarder leur patrimoine.
Le moulin à huile est ouvert une fois par semaine, le
mercredi uniquement. Tout le monde n’est pas disponible pour
emmener les olives le mercredi. Encore un manque à gagner
important pour le village et ses productions.
Nos mentalités changent, les gens sont citadins à
la campagne, ils n’acceptent plus les bêtes, ils se
disputent pour des aboiement de chiens, pour des « COCORICO
!!! » trop tôt au lever du jour, pour des animaux qui
ne respectent pas les limites de terrain, pour des cloches qui sont
trop bruyantes, «drôle de campagne ! » qui doit
être débarrassée de tous ces animaux. Des gens
préfèrent carreler les restanques pour éviter
de marcher dans la boue. Notre population est-elle là par
son choix et par amour de la nature ou simplement par obligation
financière ?
Mettre l’agriculture à la hauteur de nos
capacités et de nos ressources environnementales, la faire
évoluer vers une production raisonnable et de
proximité, serait une réussite pour notre devenir
!
Sabine Soldati







